Festival ODP à Talence : « Cette année, on a un bon reflet de ce qu’est le festival depuis dix ans
Stéphane Canarias dirige depuis janvier 2017 la société Festival Production, qui gère le Brive Festival (Corrèze) et accompagne plusieurs événements comme Montauban en scène, Aurillac en scène et le Festival ODP Talence. Festival Production est une filiale d’Olympia Production (filiale de Vivendi) et une société spécialisée dans le développement de festivals. Il s’occupe notamment de la programmation d’ODP.
Vous avez plusieurs casquettes : fondateur du Brive Festival, directeur de Festival production, producteur… Comment en êtes-vous venu à programmer pour ODP ?
Sébastien Lussagnet, le directeur, est un ami. J’y ai débuté comme bénévole et j’ai repris la programmation en 2019. Festival Production, dont je suis le directeur, est également co-producteur à 50/50 avec l’association ODP : nous partageons les risques et les recettes. Sinon, nous travaillons pour le compte de collectivités qui nous demandent d’organiser leurs événements, côté programmation artistique, production technique, ou même parfois billetterie, et recherche de partenariats. Festival Production est une société boîte à outils pour les producteurs ou les organisateurs d’événements.
Quelle est la couleur de la programmation 2025 d’ODP ?
Cette année, on a un bon reflet de ce qu’est ODP depuis dix ans. Avec des artistes plus familiaux, comme Kendji, ou plus variété pop rock comme Kyo. Il y a beaucoup de place laissée aux artistes en développement, c’est le cas avec Styleto cette année ou Aliocha Schneider. Et on essaie aussi d’avoir le meilleur des tournées françaises du moment. C’est le cas encore cette année avec Ben Mazué par exemple ou Lamomali, qui est l’un des plus beaux concerts que j’ai accueilli au cours de ces dix années.
Comment choisissez-vous les artistes ? Et quel prix cela coûte ?
On part d’un catalogue d’artistes en tournée en prenant en considération l’environnement local. Chaque festival a une couleur artistique différente qui dépend de son histoire, très souvent surtout de son public. L’autre élément important, c’est le prix des cachets : à ODP, on ne peut pas s’offrir Ed Sheeran, par exemple. Même si on en est déjà à plusieurs centaines de milliers d’euros par soir. Parfois, on a la chance d’avoir une tête d’affiche très forte qui nous permet de remplir à elle seule, et qui prend aussi le gros de l’enveloppe. Ensuite, on va avoir un artiste, qu’on appelle le middle, celui qui joue au milieu, ou la première partie, sur lesquels on a moins besoin d’investir.
« Chaque festival a une couleur artistique différente qui dépend de son histoire, très souvent surtout de son public »

Archives Loïc Déquier/SO
Chaque soirée est différente : Kyo et Kendji, Obispo et Mazué, ou M et Jérémy Frérot : comment organisez-vous les plateaux ?
On essaie d’avoir des soirées cohérentes. C’est le cas pour la soirée du jeudi par exemple et du samedi. On a un public majoritairement féminin à ODP : quand on est sur une soirée Styleto/Mazué/Obispo [vendredi 13 juin, NDLR], on imagine notre festivalière qui se prend à chanter de belles chansons. Quant au jeudi, on a fait en sorte de croiser les publics pour avoir à la fois les mamans et les papas qui ont écouté Kyo il y a vingt ans, pour leur premier album. Adossé à Kendji Girac, qui séduit à la fois les mères de famille et les enfants.
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