Les deux vies de Charles Féola, entre Paris et la Corrèze, se racontent à la Cité de l’accordéon à Tulle
« C’est une jolie mise en perspective de tout son parcours. » Dans la voix de Véréna Féola, l’émotion est palpable. La dernière rétrospective consacrée à son père, Charles Féola, date de 2013, au musée Labenche à Brive. L’occasion est donc belle de (re)découvrir les toiles – certaines jamais exposées encore -, dessins et gravures du peintre,
Argentacois d’adoption depuis la fin des années 1950. Il y est arrivé pour visiter un de ses élèves, il y a retrouvé par hasard l’une de ses soeurs, perdue de vue pendant la guerre ; il y est resté, instantanément tombé sous le charme de la lumière qui baigne cette ville au caractère rural.

Charles Féola a eu plusieurs vies, et un caractère bien trempé. Un artiste au physique puissant, sportif émérite, maçon le jour pour bâtir la maison familiale, peintre la nuit pour nourrir une œuvre pléthorique, galeriste aussi pour la vendre.
« Avec ses grosses mains, il était capable de peindre des détails infimes avec un pinceau 00 », note son fils Thierry. « Il a fréquenté quelques académies, mais il a un talent inné, de représentation », poursuit Véréna. « Il adorait ce qui n’était pas droit, les gens un peu marginaux ; il était attiré par les imperfections, les gens cabossés », raconte encore Bruno, son autre fils (*).
Un peintre urbain
Avant Argentat, dès les années 1940, Charles Féola était une figure de la butte Montmartre, à Paris ; « son Graal », selon Véréna. « Dans le Paris occupé, il vit de débrouille. Il tombe sous le charme de ce quartier. par l’intermédiaire d’un ami, il rencontre Maurice Utrillo, qui était alors le maître. Il a vécu quatre mois chez lui et son épouse Lucie Valore, au Vézinet. Il nous racontait qu’il dormait dans une chambre d’ami « encombrée d’une vingtaine de Suzanne Valadon ! » », s’amuse-t-elle.

À Paris, il s’installe notamment, avec d’autres artistes dans un atelier de l’allée Sans-Nom. Il y rencontrera son épouse, qui fréquentait une école d’art voisine. Leur combat pour y demeurer aboutira à la préservation du lieu, le seul du genre sur la butte Montmartre, aujourd’hui devenu Cité internationale des arts de Paris.
Dès son enfance en Algérie, Charles Féola dessine. Il vit alors à Philippeville (l’actuelle Skikda, NDLR), au milieu de sept frères et sœurs ; son père est pêcheur, sa mère tient une pension de famille. « Enfant, il échangeait ses dessins contre des légumes pour la pension de famille que tenait sa mère », sourit Véréna.
La bohème parisienne
« À 15 ans, il était peintre en lettres avec son frère aîné, qui était peintre en bâtiment », complète Thierry. Charles Féola sera finalement un remarquable peintre de la ville et de ses bordures (à ne pas manquer la touchante série sur les campements de gitans de Saint-Ouen). Une ville baignée de soleil quand elle est algérienne, plus austère quand elle devient parisienne, couleur d’eau et de lauze à la mode corrézienne.
A Paris, on le surnomme « Féfé » ; à Argentat, c’est « Charlie ». « Il avait deux vies : une, nocturne, à Montmartre, où il était aussi galeriste, il déployait ses relations commerciales et ses amitiés ; et une diurne, à Argentat, où il avait une vie de famille », résume Thierry.

De Philippeville à Argentat, en passant par Paris, sa palette est lumineuse, analyse Karine Lhomme, directrice de la Cité. Sa touche épaisse, ses aplats brossés largement au couteau. Comme son ami Maurice Utrillo, il aime le blanc, a une préférence pour les paysages enneigés ; l’eau le touche. Ses personnages sont des silhouettes qui passent. « Il ne vit pas de commandes ; il reste libre de ses sujets. ».
Un talent reconnu
Libre et vibrant, comme sa peinture. Puissante et lumineuse. Charles Féola, né en 1917, est décédé en 1994. Jusqu’à la fin de sa vie, il a peint. Réalisé aussi de nombreuses illustrations et des affiches (l’exposition présente celle du centenaire de la gendarmerie nationale, en 1991, avec une vue d’Argentat en fond).
« À partir du Salon de l’art libre, sa première exposition à Paris en 1946, et de l’ouverture de sa première galerie en 1948, ça a marché pour lui. Aujourd’hui, il se vend une douzaine de ses toiles par an en France ; une quarantaine aux États-Unis, c’est incroyable. »
(*) Il a quatre enfants, son épouse était également peintre.
Exposition « Charles Féola, la bohème de Montmartre à Argentat », à la Cité de l’accordéon, du 9 août au 31 décembre, du mercredi au dimanche de 10 h à 18 h. Tarifs : 8 € ; gratuit, – 26 ans ; forfait famille, 12 €.
Atelier en famille « calques bohèmes », du 13 au 27 août, de 15 h à 16 h 30 (dès 6 ans), réservation au 05.55.20.28.28 (5 € par personne).













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