Qui sont les finalistes des Trophées des entreprises de la Creuse dans la catégorie « artisanat »
Les Trophées des entreprises de la Creuse seront remis, jeudi 20 novembre, à partir de 18 h 15, à l’occasion d’une grande soirée organisée à l’espace André-Lejeune à Guéret. Les inscriptions sont ouvertes sur ce site internet :
Un lauréat sera récompensé dans les cinq catégories en compétition (Artisanat, Engagement, Rayonnement, Création-Reprise et Innovation). Les nommés et les gagnants des catégories Artisanat, Engagement, Rayonnement et Innovation sont désignés par un jury composé de chacun des partenaires. Le prix Création-Reprise sera issu d’un vote du public après un pitch des nommés. Un lauréat “Coup de cœur du public” sera choisi parmi les dix nommés restants. Voici les finalistes, dans la catégorie « artisanat » :
Une artiste protéiforme

Delphine Ciavaldini. À Aubusson. Delphine Ciavaldini est artiste, depuis trente ans, cela ne fait aucun doute. Mais classifier administrativement ses activités, c’est une autre paire de manches : « Je suis scénographe dans le spectacle vivant depuis mes débuts, mais je suis tout autant créatrice dans l’art contemporain, ce qui ne rentre pas dans les mêmes catégories », sourit-elle. « Mais que ce soit dans un espace dédié, avec un metteur en scène, ou une installation dans un espace public, il s’agit toujours de dire quelque chose, d’amener des idées qui peuvent interroger la société ».
Ses œuvres aux fils tendus et entrelacés dans l’espace public, dont celle au-dessus de la rivière Corrèze à Tulle, « ouvrent un nouvel espace, vers le dialogue. Ainsi, j’ai passé deux mois dans de l’eau à 8 °C pour installer tous ces fils. J’ai été souvent observée par de vieux messieurs avec lesquels la conversation s’est engagée sur les souvenirs de la rivière, de leurs grands-mères », illustre Delphine Ciavaldini. Ce temps, ces échanges sont « constitutifs » de ces œuvres, même s’ils ne sont pas « essentiels » pour les aborder.
Ce qui la rapproche d’une « artisane » au sens moderne ? Peut-être son « engagement du corps », la dimension « performative » de ses créations : « Je ne prends que très peu de mesures, j’utilise la longueur de mes bras, et trente ans d’expérience de scénographe ; je suis mon propre outil ». Un outil aux réalisations protéiformes, à tout point de vue.
Elle façonne les couleurs

Teinture Aubusson Lab. À Aubusson. Diplômée des Beaux-Arts, Nadia Petkovic découvre Aubusson il y a plus de quinze ans en suivant la première formation de lissière dispensée par l’École nationale d’art décoratif. « Parmi mes cours, j’ai été tout de suite passionnée par celui de teinture, donné par Thierry Roger », retrace-t-elle. « J’ai fait un stage d’une semaine avec lui et j’ai eu un déclic : c’est exactement cela que je voulais faire ». Sa formation en poche, elle ouvre son atelier de tapisserie mais continue d’apprendre l’art du teinturier auprès de son maître, de façon informelle. « De toute façon il n’existe pas de formation spécifique à ce métier, tout se transmet à l’oral… comme dans les guildes médiévales d’artisans. » Au bout de huit ans, elle commence à consacrer une partie de son temps de travail à la teinture mais le basculement intervient fin 2020.
« Thierry Roger a pris sa retraite. J’ai alors créé mon entreprise, Teinture Aubusson Lab, pour reprendre son activité. » À la manière d’un tailleur qui fabrique des vêtements sur mesure, Nadia Petkovic crée des couleurs sur mesure « pour l’industrie, des lissiers, du tricot, de la broderie, de la dentelle, de la plume, de la marqueterie en paille… », un très large éventail de matières textiles. Mais, toujours, « en petite quantité, de 500 grammes à 10 kilos, pour des œuvres artistiques uniques, ou un prototype si le client veut ensuite produire en série, mais aussi pour des éleveurs de brebis locaux qui veulent enfin valoriser leur laine et la confient à des filatures locales », pour qui elle conçoit les coloris.
Dépositaire d’un savoir-faire unique, de renommée internationale, Nadia Petkovic travaille régulièrement « pour des rénovations de tapisseries anciennes », aussi bien que pour les créations contemporaines mises en avant par la Cité de la tapisserie : on lui doit les couleurs des œuvres inspirées de Tolkien ou, actuellement en cours, de Miyazaki. Un art qui consiste à transcrire les couleurs d’une matière à une autre, chacune ayant son rapport à la lumière. L’artisane compare alors son métier « à celui d’une traductrice qui doit transposer les mots en gardant les intentions de l’auteur ».
La liberté sur quatre roues

Tom & Cie. À Anzême. En 2021, Tom Lestrelin quitte son emploi de technicien de mesures physiques, « en quête de sens », et « décide de construire une roulotte pour vivre dedans ». « Je me suis rendu compte au final que j’avais pris plus de plaisir à la fabriquer… que de vivre dedans », sourit le jeune homme. Dans le même temps « un ami m’a demandé si je pouvais l’aider à aménager son van. Comme je l’avais déjà fait pour moi avant, en Nouvelle-Zélande, j’ai accepté le défi. »
Des projets qui suscitent de la curiosité, alors que la tendance de la “van life” s’étend après le Covid : « le bouche-à-oreille fonctionne, avec des clients creusois mais aussi d’autres qui ont apprécié mes créations ». La création, autour du travail du bois notamment, c’est le moteur pour cet autodidacte, qui travaille seul, à domicile. « Pour les roulottes, j’ai fait un choix : je crée un projet selon mes envies, ou un défi technique, je me lance, et je le propose à la vente une fois terminé, à la recherche d’un client séduit par cette création. » Le fruit de 4 à 5 mois de travail en moyenne.
Pour l’activité d’aménagement de vans et camionnettes, Tom Lestrelin conçoit le projet global avec le client : « on définit ensemble les aménagements et fonctionnalités, et je fais des propositions pour le visuel. Ensuite, je cherche à être créatif pour la réalisation finale ». Afin de répondre à des demandes fréquentes, « et d’amener plus régulièrement de petits projets à la trésorerie de l’entreprise », l’artisan se contente parfois de poser les ouvrants sur un projet mené par un particulier, ou de réaliser le circuit électrique.
Dernière ligne directrice de son projet : « travailler autant que possible avec des fournisseurs locaux ». Tom & Cie a déjà recours aux services de Marienap à Guéret pour les matelas, les rideaux ou autres tissus, et à de petites scieries en Creuse pour le bois massif. Derniers projets en date : « une cellule pick-up et une tiny house, au visuel moderne, qui sera prête fin 2025 ou début 2026 ».
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